Conférence “Du fanzinat au monde pro” (2007)

La première conférence organisée par mes soins.

Les textes ci dessous sont la reproduction fidèle de la conférence Du fanzinat au monde pro. Elle s’est déroulée le 15 avril 2007 au festival GAME In Paris 4. Son organisation a été faite dans le cadre de l’association MéluZine.

Cyril, l’organisateur du salon G.AM.E. In Paris est un amis de longue date que j’ai aidé dans le cadre de ce salon. Mettant en avant  le côté humain pour ne pas dire famille, il a toujours su avoir mon respect (et puis faire venir tout le staff de MéluZine à l’espace VIP, ça n’a pas de prix !!!)

Afin de mettre en avant les auteurs et stands fanzines présent au salon, j’ai proposé d’organiser (mais également d’animer) la conférence. Les intervenants étaient Florence Torta, Philippe Cardona (tout deux connus alors pour la BD Sentai School) et Sorya Ung pour sa BD Lolita Jungle. Dans mes souvenirs j’ai été assisté par Claire Favillier.

Pendant la conférence, j’avais un petit regret car il y avait à tout casser 15 personnes dans la salle mais il y avait de la qualité…. des gens intéressés. Afin de lancer la conférence, j’avais fait un petit clip sur une musique de la série Robotech…. ayant choisi la musique la plus déprimante possible je crois avoir plombé l’ambiance un max !

Je pense avoir bien mené les debats et m’effacer totallement une fois les questions du public lancé… car mon but n’était pas qu’on parle de moi mais de faire parler les autres…. du reste je ne m’étais pas présenté au debut de la conférence (petite erreur de jeunesse).

Je remercie chaleureusement Apsara  d’avoir retranscris les echanges de cette conference

Claire Favillier sur le stand de MéluZineGérald Galliano (GG) : On va pouvoir commencer la conférence. Donc, on va voir comment vous avez rejoint le côté obscur, comment vous êtes tombés dans ce gouffre qu’est le fanzinat, qui a fait de vous ce que vous êtes maintenant, vos joies, vos peines, vos craintes et comment peut-on en sortir… Donc, je vais vous demander d’abord de vous présenter rapidos, ce que vous faîtes dans le fanzinat ou ce que vous avez fait ainsi que votre situation actuelle.

Florence Torta(FT) : Donc, moi je suis Florence Torta. Au départ, quand j’ai fait du fanzine, j’ai travaillais pour le fanzine qu’on monté il y a bien des années maintenant, qui s’appelait DREAM ON. Dans lequel on a créé la série qui s’appelait à l’époque l’école des héros et qui est devenu Sentaï School. Et maintenant, je travaille toujours sur Sentaï School et puis aussi pour les éditions Carabas sur la série Serge, le hamster de l’enfer. Et je fais aussi de la colorisation professionnelle pour les éditions Soleil et les éditions Bambou… Et j’ai fait partir des gens.

[ En effet, des gens sortent de la salle]

Philippe Cardona (PC) : Bonjour, je suis Philippe Cardona. Que dire de plus : Comme je travaille avec Florence, on fait les mêmes choses. Donc, je vais ajouter que je suis doublure lumière pour Gérard Jugnot et que je suis assis sur une chaise cassée.

Sorya Ung (SU) : Bonjour à tous, je m’appelle Sorya et de je suis chara-designer. Je travaille plutôt pour des industriels et des bureaux de styles. Je travaille, comme vous avez pu le voir, sur des produits essentiellement pour des filles ou des enfants : la bagagerie scolaire, des magasins, des produits dérivés et je travaille de temps en temps aussi pour des licences de type [Ozine]. Je vais être amené aussi à travailler dans l’édition et ce sera pour un Art Book qui sortira en 2008.

GG : Je vais vous demandé comment vous êtes entré dans le fanzinat. Comment s’est passé cette étape de votre vie ? Est-ce votre père qui vous a dit vous serez fanzineux de père en fils?

PC : Comme toute personne qui dessine, je dessinais depuis que j’étais tout petit : comme le faisait Florence, comme, je pense, Sorya le faisait aussi. C’est quand je suis arrivé à la fac, à Aix en Provence, en 1997, que j’ai rencontré d’autres personnes qui dessinaient, comme moi, qui faisaient des BD. On avait tous envie de se lancer, de faire quelque chose. Si on a fait précisément du fanzinat, c’est à cause de Florence qui est arrivé avec des fanzines MY CITY d’Aurore Demilly et qui nous a dit : « Regardez, il y a ça qui se fait sur Paris et c’est super. Pourquoi on ferait pas notre fanzine aussi ? ». C’est là qu’on a décidé de monter notre petit truc aussi et DREAM ON a été le premier fanzine du Sud-Est de la France.

FT : Pas grand chose à ajouter pour ce qui est du fanzine. Effectivement, on commencé par monter ça. On a tenu quand même pendant quelques années DREAM ON toujours avec une petite équipe puisqu’à l’époque on était cinq. Moi je considère ça comme une très bonne expérience. Surtout pour nous étant donné que maintenant c’est la série qu’on faisait en fanzine qui est devenu notre série pro. On peut dire que effectivement : ça sert !Sorya Ung sur son stand

GG : Sorya, tu veux nous rapporter ton expérience ?

SU : Moi je ne dessinais pas depuis que j’étais petite, on va dire que je gribouillais ! En réalité, je me suis mise au dessin il y a six ans pour profiter en même temps des nouvelles technologies. Il y avait internet qui arrivait, Photoshop était nettement plus disponible, les tablettes graphiques aussi… Et moi, j’avais envie d’essayer car je suis curieuse. J’ai trouvé ça sympa. Je me suis mise à dessiner et puis de fil en aiguille, en lien avec Aurore Demilly du fanzine MY CITY (comme pour Florence), on a fait des sites internet sur le dessin. Lorsqu’on a passé la barre des 1200 visiteurs journaliers, on a commencé à foncer dans le papier. On a rencontré des gens et je me suis dit : « C’est peut-être sympa comme métier, plutôt que les télécommunications » où je suis restée 10 ans.

GG : Donc, vous êtes des jeunes auteurs amateurs, vous vous éclatez, vous faîtes vos fanzines, vos illustrations… Et un jour, tout bascule, c’est le drame : vous rentrez dans le monde professionnel ! Pouvez-vous nous raconter (je sais que c’est dur, mais nous sommes là pour vous soutenir !) comment et à quelle époque avez-vous pu commencer à vivre un peu de vos travaux, à récupérer de l’argent sale ?

SU : Punaise ! Bon, on va commencer par moi, parce qu’eux c’est vraiment sale ! Pour moi…

PC : Il y a eu des morts ?

SU : Oui il y a eu des morts.

[Des cris viennent de la salle d’à côté.]

PC : Il va aussi y en avoir à côté. C’est un lecteur de DREAM ON. C’est le dernier, on l’a retrouvé !

Sentai School Tome 1FT : Non, ce n’est pas un lecteur de DREAM ON, c’est les gens qui sont sortis tout à l’heure. Ils hurlent : « On est sorti ! On est sorti ! ». Pour vous la porte est fermée : vous êtes obligés de nous écouter jusqu’à la fin !

[Le public poussent des cris de frayeur ]

FT : Pour répondre sérieusement à ta question, pour passer de fanzine à pro, nous, en tout cas, pour ce qui est de Sentaï School (car on fait quand même des choses à côté), c’est à cause du monsieur qui est là [elle désigne Gérald] avec son association Méluzine qu’on connaissait de l’époque des fanzines. Il faut voir pour les plus jeunes d’entre vous (nous, on est des vieux dinos) que quand on a commencé le fanzine, on devait être dix fanzines à tout casser sur toute la France, tout le monde se connaissait tous : ce n’était pas du tout la même chose. Et donc, quand Coyote s’est monté, ils ont demandé à Monsieur s’il avait des auteurs qui potentiellement pouvaient être intéressés pour travailler dedans. On nous a dit : « Vous avez une série d’humour si vous voulez en faire quelque chose, potentiellement, montrez nous un dossier ». C’est ce qu’on a fait. A partir de là, tout à basculer très vite. Ça fait que Sentaï School est devenu ce que vous avez maintenant en relié et ce que vous avez eu en pré publication dans Coyote.

PC : Moi, j’ai une légère différence : quand j’ai commencé le fanzine, j’avais déjà un début de carrière pro. Quand j’étais étudiant à la fac en première année, j’ai un ami à moi qui a vu une annonce au Virgin Mégastore à Marseille d’un éditeur qui cherchait un dessinateur. J’ai répondu à l’annonce, ça a plu et j’ai signé. Bon : il y a eu deux albums qui n’ont pas du tout marché, ça a fait un flop ! Mais j’ai commencé un peu avant de faire Sentaï School.

SU : Moi, c’est la même chose que pour Philippe : j’ai répondu à une petite annonce. Tout bêtement. J’étais dans le fanzinat depuis un moment, je faisais ça pour m’amuser car, comme je vous le disais j’étais dans les télécommunications. Je pense que c’est un peu risquer de vouloir, juste après ses études, se lancer directement dans le dessin. Moi, ma sécurité s’était de travailler. De toute façon, je n’avais pas l’intention de faire une carrière dans le dessin. J’ai répondu à une annonce quand je me suis sentie prête. Puis j’ai fait comme tout le monde : j’ai préparé un book et je me suis présentée au bureau et puis voilà. J’ai commencé à faire quelques illustrations et ensuite, au fur et à mesure, c’est un carnet d’adresses qui se constitue. On fait appel à vous dés que vous avez un pied dedans.

GG : En général, dés qu’on pense fanzine BD, on se dit que la BD est une finalité. Pourtant parmi vous, il y en a au moins deux qui ne font pas de BD et qui pourtant vivent de leurs travaux. Sorya, peux-tu nous dire, toi qui ne fait pas de BD, quels sont tes travaux hors BD ?

SU : C’est vrai que quand on était dans le milieu du fanzine, on se disait qu’il y avait deux solutions : soit être auteur de BD, soit travailler sur de l’animation. Moi, je voulais ni l’un ni l’autre. J’avais juste envie de créer. J’aime la mode, le changement. Il y a dix ans, c’est vrai qu’on était dix fanzines à tout casser, mais il n’y avait pas de métiers, pas beaucoup de débouchés. Le métier de chara-designer est assez peu populaire en France. Il l’est davantage au États-Unis ou au Japon. En France, ça commence seulement à immerger. Ce n’est pas sous mon nom que les marchandises se vendent (les sacs, les maillots de bain…), c’est sous une licence à laquelle je participe. Ce sont mes créations, mais comme le métier de Chara-designer n’est pas forcément reconnu par le grand public, du moins, je m’adapte : je fais surtout des goodies. Mon plus grand projet, c’est effectivement de revendre une licence et de donner des lettres de noblesse au manga dans la mode. En France, c’est difficile. Mais je pense que la France est un pays qui a pris maintenant le train et qui a faim de nouveautés.

GG: Donc, tu nous prouves qu’il n’y a pas que l’animation et la BD pour vivre, il y a d’autres solutions.

SU : Non, il y a beaucoup d’autres débouchés : les illustrations dans les magazines. Il y a les industriels qui recherchent beaucoup. Tout ce que vous pouvez en voir en papeterie, il faut des dessinateurs pour les illustrer. Avant c’était des licences déjà connues (Simpsons, Dora, etc), maintenant, ce n’est plus le cas. Dés qu’il y a une petite connotation manga, c’est plutôt sympa. Il faut juste leur envoyer un book pour éviter qu’ils s’imaginent Manga = Dragon Ball. Là ça le fera moins. Mais il y a vraiment beaucoup de débouchés et c’est assez méconnu. Lorsque certains industriels arrivent jusqu’à moi, ils ont dû passer, à travers peut-être dix personnes pour trouver un dessinateur.

GG : Florence, on voit souvent ton nom sur les BD Sentaï School et Serge le hamster de l’enfer. Pourtant, tu ne dessines pas. Alors, que fais-tu ?Le stand MéluZine

FT : En fait, pour être exact, moi je dessine, mais je dessine pour moi pour le moment. Quand on a fait Sentaï, le style graphique de Philippe correspondait à ce qu’on voulait faire. Moi j’avais envie d’être dans ce métier, mais quand je regarde mes dessins, je sais que pour le moment, je ne suis pas complètement prête, il y a encore des erreurs. C’est très difficile d’aller voir un éditeur quand vous savez vous-même que vous faîtes des choses qui sont pas au top, tout simplement parce que les éditeurs sont pas toujours gentils. Pour commencer je travaille sur des scénarios qui sont donc Sentaï School et Serge le hamster de l’enfer. Je travaille aussi pour « l’industrie du franco-belge » (on va dire) puisque je travaille aux éditions Soleil où je fais de la colorisation. C’est vrai que c’est très loin de l’univers manga (alors que pourtant, moi c’est mon truc), mais l’avantage de ça, c’est de pouvoir se frotter à des professionnels, de pouvoir comprendre exactement comment se fait une BD, de prendre des contacts dans les maisons d’éditions. C’est quand même quelque chose qui vous permet, après quand vous avez vos propres dossiers à présenter, de savoir à qui vous devez le montrer, même si vous êtes entré par la petite porte. C’est vrai que coloriste, beaucoup de gens ne savent même pas que le métier existe. Pourtant, c’est plutôt lourd, il y a beaucoup de chose à faire dessus. J’espère bientôt pouvoir vivre de mon dessin, mais pour le moment, ce qui me fait travailler, c’est le scénario et la couleur.

GG : Puisque tu as le micro, on va aborder la question suivante : ça s’est pas fait du jour au lendemain le fait que tu puisses vivre de ton oeuvre. Il me semble que tu as fait un autre boulot, au début de ta carrière d’artiste. Peux-tu nous en parler ?

FT : Oui, j’ai travaillé pendant un an et demi dans une boutique manga. Je vendais des bouquins à des gens qui me demandaient des choses aussi diverses que « Vous avez peut-être ces choses avec ses étudiantes qui n’ont pas de culottes » ou encore des « Et sinon, vous avez des Pikachus ? ». Je pense que vous voyez de quoi je parle… J’avais le fanzine en même temps, donc j’étais complètement dans ce milieu là à l’époque.

GG : Philippe ? Sorya ? Vous n’avez pu vivre de votre oeuvre du jour au lendemain ?

PC : Bah si. Moi j’ai fait quelques petites boulots d’été mais sinon : j’étais étudiant, je faisais du fanzine. Puis, j’ai commencé à faire de la BD, j’ai laissé tomber la fac.

Cardona et Torta en 2002, au debut de Sentai SchoolGG : C’est mal !

PC : C’est mal, mais voilà !

SU : Oui mais bon, lui, il pouvait rien faire d’autre ! Non, c’est vrai que lui a eu de la chance. Moi, j’ai travaillé dix ans dans les télécomm’. D’abord comme assistante : « Sorya, vous pouvez faire une photocopie du dossier ?», le dossier 500 pages ! Sympa ! La trieuse est en panne, faites-la à la main. Ensuite, j’ai fait technicien. Je me fait rouler par terre pour changer des machines, débrancher les câbles, etc. Je suis passer par pleins de petits métiers, mais ça me plaisait. Ça m’aurait peut-être moins plu d’être commissionné 10 € pour faire un dessin. Là j’avais au moins le choix pour travailler mon style (si jamais j’en ai un) et puis de me lancer quand je me sentirais prête.

GG : Donc ça y est nous y sommes : vous commencez à voir vos oeuvres qui sortent dans le grand commerce, en librairie, en bagagerie, etc. Vous vous retrouvez à devoir gérer le droit d’auteur. Des gens viennent vous démarcher, vous demandent « est-ce que je peux reprendre votre dessin ? », ils réutilisent vos personnages… Je voudrais savoir qu’elle était votre vision sur ce point lorsque vous étiez fanzine ? Et comment ça se passe maintenant que vois êtes professionnels ?

SU : Quand j’ai débuté dans ce métier, la seule à laquelle je n’avais pas pensé c’était de connaître le CPI (le code de la propriété intellectuelle). Je ne m’étais jamais posée la question. Comme je ne travaille pas chez un éditeur, je n’ai pas un avocat qui me représente. C’est clair que lorsqu’on débute dans le métier, il faut lire, avant tout, le CPI, pour défendre vos droits. Il y a, par exemple, des industriels qui vous achètent vos dessins et vous font croire que vous n’avez plus de droits dessus, mais si, il vous appartient. C’est vraiment des choses à savoir pour éviter de signer n’importe quoi et pour être payé trois cacahouètes et deux bananes. La chose à penser, c’est que pour pouvoir dessiner, il faut pas crever de faim et bien négocier ses contrats.

Dans le public : Quel statut professionnel vous avez ?

SU : J’ai le statut « chef d’entreprise » puisque je suis associée à une maison de style dans laquelle j’ai des parts. En étant à la maison des artistes, je crois savoir qu’on est limité dans notre marge de manoeuvre. Je fais à la fois du commerce et du chara-design, j’ai les deux casquettes. Moi, le statut qui me correspondait, c’est chef d’entreprise. Généralement mieux vaut avoir une affiliation maison des artistes ou bien une micro entreprise, mais là vous êtes limités : vous ne pouvez pas faire de plus de 30 000 € par an.

GG : On passe à la question suivante ?

PC : Elle répond bien aux questions, on va pas dire des conneries en plus !

GG : Correct ! Alors voilà : vous défendez bien vos oeuvres, vous faîtes les pots à Angoulême ! Vous êtes des stars ! Et pourtant : Sorya tu fais des conventions avec un stand fanzine ; Philippe et Florence, j’ai ouïe dire par mes petites oreilles que vous avez des projets de fanzine ? Pourquoi donc ?Torta et Cardona en dédicaces à Japan Expo 3 mois après la conférence

PC : Pour Florence et moi, ça nous manque un peu le côté convention justement. On se rappelle quand on était jeunes et fous à Cartoonist, qu’on avait des stands et qu’on rigolait entre copains. Et puis le fanzinat, bêtement, ça nous permet de faire de ce qu’on et quand on veut… Même si chez Kami et Carabas, pour faire Serge et Sentaï, on a presque carte blanche, il y a quand même un éditeur derrière nous, une équipe rédactionnelle… Il y a des gens qui comptent sur nous : le lettreur, le maquettiste, etc. En étant fanzine, on peut faire notre petit truc à tous les deux ou à plus (puisqu’on monte une petite équipe) et au moins, on se dit que ça foire ou pas, on s’en fout : il y aura pas l’éditeur qui viendra nous gueuler dessus.

FT : Pas grand chose à ajouter là dessus. C’est vrai que le principe du fanzine qui est vraiment bien c’est de pouvoir ce qu’on veut. J’ajouterais par rapport à Philippe que les délais on peut s’en donner, mais différents. Moi, je passe ma vie à courir après mes délais. Sachant que pour vivre de mon travail, je travaille, en ce moment, sur cinq projets. Ça veut dire que tout se chevauche, tout est sans arrêt pressé… Avec le fanzine, c’est « je le sortirai quand je le sortirai », ce qui est déjà vachement bien. Bien sûr, tout le monde a les conventions, les choses à faire qu’il faut pas rater, mais ça n’empêche qu’on peut faire ce qu’on veut. Si on doit sortir un seul truc dans l’année, on le fait. Et ça c’est quand même très très bien !

SU : Justement, pour aller dans le sens « faire ce qu’on veut », je disais que je travaille surtout dans le design pour la fille et l’enfant. Pourtant, ce que j’aime surtout dessiner c’est les pin-up, les trucs un peu tordus, fétichistes… Ça permet de me défouler. Lorsque j’ai fait mon fanzine avec Aurore Demilly, ça m’a permis de trouver de nouveaux contrats et d’étoffer encore mon carnet d’adresses. Donc, fanzine ne signifie pas forcément amateur. C’est toujours un projet à mener de A à Z, ça vous permet de rencontrer d’autres personnes et d’aller toujours plus loin. J’ai toujours une carrière dans le chara-design pour la fille et l’enfant qui est bien avancée et là j’ai une nouvelle carrière qui s’ouvre avec un book qui sortira en 2008 et qui sera pour les adultes. Ça c’est le fanzine : aucun compte à rendre mais toujours des débouchés. C’est pas parce qu’on est maintenant dans le milieu professionnel qu’on peut se passer du fanzine. Le fanzine pour moi, c’est un moyen de communication, comme lorsque je démarche les entreprises. Là je démarche directement le public et les éditeurs. Pour moi, c’est vraiment un outil indispensable.

GG : La prochaine question va intéresser pas mal de monde.
[Il se tourne vers public :]
Que tous ceux qui font, ont fait ou veulent faire du fanzine, lèvent la main ! C’est la majorité, donc ça tombe bien !
Donc, je voulais savoir en quoi vous pensez que le fanzine peut ou ne pas être une bonne école pour travailler dans le dessin ? Qu’est-ce que ça vous a appris ?

PC : Nous, ça nous a appris des trucs tout bêtes : tenir les délais. Quand on faisait notre fanzine, on s’était fixé fou : on va faire un numéro complet tous les deux mois. Sachant qu’on était tous étudiants et qu’on avait nos vies à côté, certains bossaient et tout. Ça nous a appris à travailler en équipe, à respecter le travail des autres dessinateurs, à pas tirer la couverture qu’à soit et dire « c’est mon fanzine ! C’est ma BD ! ». Il y avait cinq dessinateurs et cinq séries. Ça nous a aussi apporté des contacts, comme l’espèce ostrogoths qui est là ici (il désigne Gérald Galliano) entre autres. Mais en faisant, les conventions, on a rencontré pleins de personnes. Le milieu de la BD, de l’animation, du manga, ce sont des milieux tout petits. Vous vous en apercevez au fur et à mesure : tout le monde connaît tout le monde. Tu parles avec quelqu’un qui connaît quelqu’un et tu retombes toujours sur les mêmes personnes.

GG : Il y a un côté un peu échange aussi, non ?

PC : Oui, il y aussi ça. Il y a des l’entraide et même temps, une petite compétition idiote. C’est un peu les deux. On se montre les pages. On est vachement motivé. On se dit « je vais faire mieux » ou « Tiens t’aurais pu faire ça ». Plutôt que dessiner seul, dans son coin, en se disant « Je vais faire une page de temps en temps », on était cinq à se dire « PUTAIN ! FAUT FAIRE DES PAGES ! ».

GG : Donc faut pas être autiste pour faire du fanzine ?

FT : Non, ce n’est pas une très bonne idée. Quand on fait du fanzine, on rencontre des gens et c’est comme si votre vision était en relief. On a vite fait de regarder sa page tout seul chez soi et de se dire : « Bon voilà, c’est fait ! C’est fini ! ». Si on se met à rencontrer des gens, à montrer un équipe, je pense qu’il y a une émulation et il y a aussi le fait qu’on peut (et je pense que c’est super important pour le monde professionnel) se faire une carapace ! Le monde professionnel, tout le monde s’imagine que c’est super, que toute la journée je fais de la BD et tout. Mais il y a aussi des côtés qui ne sont pas évident. Quand on rencontre un éditeur, il attend une certaine qualité et certains délais. Ce n’est pas du tout votre copain, surtout les jours où vous êtes en retard (ni les jours de paie). Le fanzine, ça permet de se frotter à pleins de gens, de pouvoir en entendre. C’est vrai que ça fait pas plaisir que vos copains vous disent : « Ce que t’as fait là c’est pas terrible ! », mais ça sert beaucoup. Quand on est débutant, il y a vraiment un temps d’adaptation. On va passer d’un truc qui nous fait triper, qui fait triper nos copains de classe, à des gens qui vont être carrés, qui vont dire : « Écoute Coco, ta série, c’est pas comme ça qu’on la fait ». Il vaut mieux déjà savoir à quoi s’attendre. C’est pour ça que je trouve ça bien qu’entre fanzine, on se montre les choses, pas pour se briser les genoux les uns les autres, dire « le fanzine d’untel il est pas bien ». Moi, ça m’a servit, donné des envies (sans pour autant copier les autres). C’est une expérience 100% positive pour moi. Je ne pense pas que je pourrais travailler maintenant, comme je le fais si je n’avais pas fait de fanzine.

GG : Si je résume ta pensée, en gros, en travaillant dans le fanzinat, tu apprends l’humilité pour éviter d’être humiliée ?

FT : Si on veut.

GG: Quand on est jeune, on a des rêves. Les fanzineux en ont aussi (peut-être rencontrer Richard Gere ?). Maintenant que vous êtes professionnels avez vous assouvis des rêves que vous aviez quand vous étiez amateurs ?

PC : Je vais répondre pour Florence et moi. Nous, on a accompli un truc fou c’est que la série qu’on faisait dans le fanzine est édité professionnellement. Je pense qu’on peut pas faire plus, on peut pas faire mieux.

FT : C’est d’autant plus spécial, c’est que nous, quand on a créé Sentaï School, on s’est dit « Cette série, elle trouvera jamais d’éditeurs, elle est trop bizarre ». On en était persuadé mordicus. Faut voir aussi qu’il y a quelques années, le manga n’était pas à la mode comme maintenant. On s’était dit : « On va monter d’autres projets et si ça marche on fera sortir Sentaï School. Donc, pour nous, sortir cette BD en album, c’est énorme !

PC : Voilà, c’est ça… Tu parles de rêves : nous, on était étudiants en première année à la fac. On a créé ça à cause d’une nuit blanche, on était crevé, on a dit des bêtises, on en a fait une BD et on en a fait quelque chose de professionnel. On travaille sur ça tous les jours : Il n’y a pas mieux. A part peut-être le film, mais bon… On est en train de signer avec Warner, mais bon : on va pas vous ennuyer avec les détails !

SU : Je ne sais pas si j’ai réalisé mon rêve. Mais en tout cas, c’est très fun de changer tous les jours d’identité, de pouvoir créer des personnages, de toujours devoir se challenger. J’espère qu’en 2008 mon rêve se réalisera puisque je sortirai ce book sous la direction d’une de mes idoles qu’est Barbara Canepa. On verra donc en 2008 si mon rêve se réalise…

GG : Pouvez-vous nous parler de votre rapport vis-à-vis d’internet ? Qu’est-ce que ça vous a apporté au niveau professionnel ?

PC : Nous, on est vraiment des dinosaures. Quand on a commencé le fanzine, on n’avait pas d’ordi, on n’avait pas internet : On n’avait rien. Pour nous, internet ça n’existait pas. On s’en est servis quand on est devenu pro pour échanger avec les rédacteurs des magazines, pour transférer nos pages. Là où ça se développe maintenant : nous a une communauté de fans qui se monte, on a un forum de fans, on peut avoir nos blogs, on a des retours. Donc là où c’est vachement utile, c’est d’avoir la réaction immédiate des gens, de savoir ce qu’ils pensent de notre travail.

FT : Pour moi, c’est encore relativement particulier. Internet me sert à développer ce que, professionnellement, je ne montre pas. Je dessine mais je ne suis pas tout à fait prête à dessiner ma propre BD. J’ai, par exemple, une galerie sur le site de DevianArt (j’imagine qu’il y en a beaucoup ici comme moi). Ça me permet de montrer ce travail là et d’essayer d’avoir du retour dessus. Pour moi, c’est la potentialité de montrer ce que je ne fais pas professionnellement.

GG : Maintenant, la meilleure question, celle que tout le monde attend : Est-ce qu’il faut coucher pour réussir ?

PC : Oui

GG : Des noms ?

PC : Gérald Galliano !

FT : Gérald Galliano !

SU : Et Gérald Galliano !

PC : Quel homme !

FT : Et surtout quelle santé !

GG : Donc, si je résume votre pensée : c’est un milieu très dur si on connaît personne.

PC : Il y a de plus en plus de connectivité entre les milieux du fanzinat, du manga, de la BD. Aujourd’hui, tout se mélange, tout se rejoint. Les directeurs de collections maintenant, gèrent plusieurs trucs en même temps. Donc, oui, ça marche beaucoup par relation. Il y a le travail, le talent, c’est sûr… Mais si on est hyper doué, mais qu’on est seul dans son coin et qu’on voit personne : On restera seul dans son coin toute sa vie.

Questions du public : Est-ce que le fanzinat, ça vous prépare au contact avec le lectorat ?

FT : Dans le fanzinat, je pense que tout le monde connait ça, on est derrière sa table et on essaye d’attirer les gens. Nous, on avait le concours du Bonjour : les gens passaient, on faisait « Bonjour ! » avec un grand sourire pour qu’ils s’arrêtent, « Achetez un fanzine, maintenant que vous vous êtes arrêté ! ». Maintenant, quand on est pro, les gens viennent d’eux même. Dans tous les cas, on peut avoir un contact avec les gens qu’ils aiment ou pas ce qu’on fait. Le fanzine et le professionnel, c’est différent, mais à mon avis c’est assez complémentaire.

Questions du public : Est-ce que le fait de venir du fanzinat manga ne vous a pas desservi vis-à-vis des éditeurs ?

SU : Quand on est dans le milieu manga, ça va. On arrive à convaincre facilement. Mais bon, si vous choisissez d’aller démarcher les galeries Lafayette, que vous leur dites que vous faîtes des dessins de type manga. Il va falloir un bon moment avant de décrocher un rendez-vous. En France, les industriels sont encore un peu frileux. Ils veulent bien des dessins qui font penser un peu au manga. C’est justement là où le carnet d’adresses sert : ils vaut mieux les avoir tout de suite sous la main pour leur présenter vos travaux. Si c’est juste un mail, un coup de téléphone… ce n’est pas parce que vous mettez vos dessins en pièce jointes qu’ils vont les regarder. Quand on fait du fanzine, on commence déjà à étoffer ce carnet d’adresses. Par exemple, moi, je me dis que je veux aller voir le type de telle centrale d’achat, je vais ouvrir mon carnet d’adresses et je vais regarder qui peut avoir ce contact. Et là, ça sera plus facile. Le manga c’est encore un peu Dragon Ball et Pokémon pour la plus part des industriels.

Questions du public : Est-ce que vous mettiez beaucoup d’argents dans votre fanzine ?

PC : Nous, oui, quand on faisait le fanzine, on mettait pas mal d’argent. En plus, on était un peu idiot, un peu utopiste : on voulait vendre un truc pas cher, du coup on gagnait pratiquement rien dessus. On vendait notre fanzine 10 F et il nous coûtait 9,50 F. On investissait beaucoup de nous même, on gagnait très peu, mais on le faisait vraiment par passion, pas pour gagner des millions. On faisait ça pour montrer notre travail et ça faisait de la comm’.

FT : Il faut dire aussi qu’il y a quelque chose par rapport au budget qui a changé. Sur les stands aujourd’hui, on peut trouver des badges, des cartes, c’est super bien, je trouve ça génial. C’est le genre de truc qui permet aux associations de faire rentrer un peu d’argent. Personne ne faisait ça à notre époque. Quand on allait en convention, on avait juste nos numéros de fanzine pour faire quelque chose. C’est vrai qu’à la base, pour monter ça, on s’était mis à cinq et on a tous mis l’argent qu’on avait à l’époque. On espérait toujours se retrouver avec nos fanzines vendus. L’argent repartait directement vers les numéros suivants.

SU : Je pense qu’aujourd’hui, il faut de l’investissement. Les gens ne se contenteront plus d’avoir un fanzine, ils leur faut les goodies qui vont avec. Il faut évidemment essayer de récupérer sa mise de départ, mais surtout faire quelque chose de qualité. On n’attend plus juste le fanzine en noir et blanc, qui est limite collé, juste un plié, comme il y a dix ans. On ne peut plus se le permettre et forcément c’est des coûts supplémentaires.

Questions du public : J’imagine que vous avez eu l’occasion d’aller dans des salons Franco-Belges. Pouvez-vous faire une petite comparaison avec les conventions manga ?

PC : C’est le MORDOR ! C’est le Mal ! Je caricature, mais c’est vrai que nous avec Florence, on préfère faire les conventions manga parce que c’est de là qu’on vient. C’est là qu’on trouve ce qu’on aime. Le public nous correspond plus. Le public Franco-Belge, pour caricaturer, c’est vraiment le collectionner de 45 ans avec sa petite chaise pliante qui se met dans la file et qui attend plusieurs heures pour avoir son dessin et limite il ne parlera pas à l’auteur. On a été à un salon, il y a quinze jours chez nous à Aix, en touristes, juste pour se balader et on était content de ne pas signer là-bas en fait. C’est pas du tout la même ambiance. Et même au niveau des fanzines, dans ce genre de salons, ils sont en général juste parqués dans un coin et on s’intéresse pas à eux.

FT : C’est vrai que c’est différent. Je pense que les publics n’attendent pas tout à fait la même chose. Est-ce que c’est bien ou pas bien ? Je ne saurais pas le dire, mais moi je préfère les conventions manga. Après si vous rencontrez des auteurs du Franco-Belge, il y en a plusieurs qui sont hyper sympas et qui vont vous en apprendre. On ne peut pas penser qu’ici on est au Japon et qu’on va travailler pareil. Vous êtes obligés de tenir compte des réalités éditoriales françaises.

PC : Je veux juste raconter une petite anecdote qui nous est arrivés : on a dédicacé pour le tome 1 de Sentaï School, il y a quelques années dans une convention Franco-Belge pure et dure. Devant nous, un gamin de 8-10 ans qui arrivait et commençait à feuilleter le bouquin et sa grand-mère est arrivée, l’a tiré en disant « Non ! C’est du manga ! Regarde pas ! ». Ce genre de stéréotype, hélas, ça arrive encore assez souvent.

Samuel de NEKOMIX (dans le public) : J’interviens juste pour me faire l’avocat du diable. NEKOMIX fait autant de salon de Franco-Belge que de Japanime. Moi, personnellement, j’aime les deux. Ce genre d’histoire peut arriver, mais ça arrive de moins en moins. Je voudrais dire que ce qui manque sur les salons Franco-Belge aujourd’hui, c’est des fanzines, et même, pourquoi pas, des fanzines manga. Moi j’engage tout le monde à se renseigner près de chez lui, il y a forcément un salon Franco-Belge qui se fait, il y a forcément des stands à récupérer. On a tous intérêt à y aller. Ce qu’on propose en temps que fanzine est complètement différent des professionnels, il n’y a pas de queue à faire et donc les gens peuvent commencer à s’y intéresser, poser des questions. Ils n’ont pas la même exigence qu’un public de Japanime, ils ont un vrai enthousiasme vis-à-vis du dessin qui est un vrai encouragement à continuer. Et puis, comme le faisait remarquer Florence, même si on décide de devenir un mangaka français, on finira toujours par être éditer par un éditeur français. Mais ils ne viennent pas chercher chez nous et donc pour rencontrer votre futur éditeur, il faut aller sur les salons Franco-Belges.

PC : Quand tu fais un salon comme ici ou Japan Expo, tu vas sur les stands fanzines, les auteurs sont déguisés, il y a des BjD (poupées japonaises) pour décorer, des peluches, etc. Je trouve ça assez austère en fait les salons Franco-Belges.

Samuel de NEKOMIX (dans le public) : C’est plus austère, c’est vrai. Mais ils sont en général plus curieux.

FT : D’accord : dans les deux, il y a quelque chose d’intéressant à prendre. Il y a pleins d’exemples qui vont dans tous les sens parce qu’avec Sentaï School dans un salon Franco-Belge, les gens vous disent « Bah ! Mais vous faîtes du manga ! » et dans des salons comme ici, ça m’est déjà arrivée plein de fois qu’on entende « Mais toi d’abord, tu fais même pas du manga, alors ça va, hein ! ». Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Ma série est influencée par le manga, mais maintenant, je suis pas jap’.

Questions du public : Le public à changer depuis l’époque de DREAM ON. Le public a l’air d’être davantage à la recherche du goodies Naruto. Est-ce que vous avez aussi cette impression et qu’en pensez-vous ?

FT : Je pense que ça rejoint ce qu’on a dit tout à l’heure : pour monter un fanzine, on a besoin d’un peu d’argent. Les fans actuels de manga ont leur série fétiche (moi j’ai donné à l’époque avec les gens qui juraient que par Dragon Ball), en ce moment, la grande mode c’est Naruto. Je pense que quand on est un fanzine et qu’on a besoin de se faire de l’argent, le calcul il est tout simple. Si par un moyen quelconque on peut dire aux gens « Regardez-moi, j’existe ! », il faut pas bouder ça. On ne peut pas se permettre d’être toujours trop élitiste. Le grand public, il existe dans le Franco-Belge, il existe dans le manga, il faut tenir compte de ça aussi. Il y a toujours une série qui marche et je vois pas pourquoi les fanzineux n’en profiteraient pas. Après, lorsque vous faîtes du fan’art, c’est sympa de mettre un petit copyright. Dans notre série, on en met même si c’est une parodie.
Je pense qu’il faut se faire un peu de pub, pourquoi pas avec les trucs qui marchent. On peut toujours dire « Tu vois je reste dans son coin. Ah ouais ! Je suis un artiste maudit… ». On vit pas comme ça !

SU : Oui, mais est-ce que tu es sûre que lorsqu’on vend un fan’art de Naruto, ça fait de la publicité ? Moi, je pense que ça fait juste des sous, c’est tout. En plus, le dessinateur a le risque de se faire cannibaliser par les copies qu’il fait.

FT : Moi j’aime bien dessiner les personnages des autres, mais il y a une différence entre mon propre style qui réinterprète le travail de quelqu’un d’autre et la copie. La copie c’est bien quand on apprend, à mon avis. Après, il faut passer à autre chose. Cependant, je suis d’accord avec toi : la vente de fan’art, c’est pécunier.

GG : Merci d’être venu et mort à ceux qui sont partis !


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